Introduction
Les powerlifters sont passés maîtres dans l’art d’optimiser les mouvements d’exercice tout en respectant les règles de la discipline. Ces adaptations visent à maximiser l’efficacité de chaque levée pour ajouter le plus de kilos possibles à leur total. Ces modifications peuvent parfois paraître extrêmes au point de rendre les mouvements méconnaissables pour un pratiquant occasionnel. Dans le développé couché (bench press), l’une de ces adaptations consiste à utiliser un arche prononcés du dos pour réduire l’amplitude du mouvement. Cette technique, bien que conforme aux règles, suscite souvent des critiques sur les réseaux sociaux, alimentées par des perceptions subjectives de triche ou de non-légitimité.
L’étude de Bartolomei et al. (2024) examine cette technique spécifique en bench press avec arc dorsal prononcé, cherchant à quantifier son impact sur l’amplitude du mouvement, la puissance, la vitesse, la charge maximale (1RM) et l’activité électrique des principaux muscles impliqués. Cette étude intervient dans un contexte où des changements réglementaires récents (date de parution de l’article – janvier 2025) de la Fédération Internationale de powerlifting (IPF) imposent une profondeur minimale au bench press, limitant les cas extrêmes d’arc dorsal.
Objectifs et méthodologie
Objectifs de l’étude
L’objectif principal de l’étude était de quantifier les différences entre les techniques de bench press avec dos plat et dos arqué. Les chercheurs ont évalué l’impact de ces deux approches sur plusieurs paramètres clés :
- L’amplitude du mouvement (barbell displacement)
- La vitesse et la puissance
- La charge maximale soulevée (1RM)
- L’activité musculaire (via EMG)
Ces analyses visent à déterminer dans quelle mesure l’arc dorsal contribue aux performances et à informer la pertinence des règles limitant cette technique.
Méthodologie
L’étude a impliqué 15 athlètes bien entraînés (10 hommes et 3 femmes, comprenant des powerlifters, haltérophiles et lanceurs) avec un minimum de trois années d’expérience. Leur performance moyenne au bench press était de 1,38 ± 0,18 fois leur poids corporel.
Les participants ont réalisé trois sessions de test espacées d’au moins trois jours :
- Un test de 1RM avec une technique aléatoirement assignée (dos plat ou dos arqué).
- Un second test de 1RM avec l’autre technique.
- Une session sous-maximale comprenant deux répétitions à 50 %, 70 %, et 90 % du 1RM avec les deux techniques. Pendant cette session, l’amplitude du mouvement, la vitesse, la puissance et l’activité électrique des muscles étaient mesurées.
Dans la condition dos arqué, les participants devaient respecter les règles IPF, y compris les exigences de profondeur. La condition dos plat imposait un contact avec cinq points d’appui : tête, omoplates, tronc thoracique, fessiers et pieds, tout en maintenant une lordose naturelle.
Réponses