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Introduction
Le protocole d’alimentation dite « time-restricted eating » (TRE), et plus spécifiquement le schéma 16:8, c’est-à-dire une fenêtre alimentaire de 8 heures précédée de 16 heures de jeûne quotidien, s’est imposé comme une stratégie nutritionnelle populaire au sein du monde sportif. Si son intérêt dans un contexte de perte de poids ou d’amélioration des marqueurs cardiométaboliques est désormais bien documenté, son impact dans une optique de prise de masse musculaire reste largement débattu. La majorité des recherches sur le sujet ont été menées dans un contexte de déficit ou de maintien énergétique, laissant de côté la question cruciale de son efficacité en situation de surplus calorique, condition pourtant indispensable à une hypertrophie musculaire optimale chez les sujets déjà entraînés. L’étude conduite par Blake et al. (2025) s’inscrit précisément dans cette zone grise scientifique, en évaluant les effets d’un protocole TRE 16:8 hypercalorique associé à un entraînement en résistance supervisé sur la composition corporelle, la force et la performance musculaire de pratiquants expérimentés.
Méthodologie
Participants et répartition
Dix-sept hommes et femmes en bonne santé, s’entraînant en musculation depuis plus d’un an à raison d’au moins trois séances hebdomadaires et présentant des niveaux de force minimum (squat à 1.5 fois le poids de corps pour les hommes, 1.0 fois pour les femmes ; développé couché à 1.0 pour les hommes, 0.55 pour les femmes), ont été recrutés et répartis aléatoirement en deux groupes : un groupe suivant un protocole TRE avec une fenêtre alimentaire de 8 heures débutant au moins une heure après l’entraînement, et un groupe témoin (FED) répartissant ses apports sur la journée entière.
Plan d’entraînement
L’intervention a duré huit semaines et comportait quatre séances de musculation hebdomadaires, selon un plan full-body alterné, intégrant une surcharge progressive basée sur l’approche autoregulatory progressive resistance exercise (APRE). Les charges étaient ajustées de semaine en semaine selon les performances réalisées en séance.
Apports nutritionnels
Tous les participants ont suivi une diète identique sur le plan qualitatif, avec un excédent calorique de 10 %, un apport protéique fixé à 2.2 g/kg/j, 25 % des calories issues des lipides et le reste comblé par les glucides. Les apports caloriques ont été individualisés et ajustés chaque semaine en fonction de l’évolution du poids corporel, et tous les repas étaient enregistrés dans MyFitnessPal sous supervision de diététiciens à distance.
Évaluations
Les performances ont été évaluées à l’aide de tests de 1RM au squat, développé couché et extension de jambes, ainsi que des tests d’endurance musculaire (bench press et leg press à charges relatives). La composition corporelle a été mesurée par une approche en trois compartiments combinant la pléthysmographie à déplacement d’air (BODPOD) et la bio-impédance spectroscopique.