Introduction
Dans les médias populaires, les « zones bleues » ont acquis une aura presque mystique. Il s’agirait de régions du monde où l’on vit plus longtemps qu’ailleurs, en meilleure santé, souvent au-delà de 100 ans. Okinawa au Japon, Sardaigne en Italie, Nicoya au Costa Rica, Ikaria en Grèce ou encore Loma Linda aux États-Unis sont régulièrement citées comme exemples. L’idée est séduisante : il suffirait de reproduire leur mode de vie pour espérer vivre plus vieux et mieux. Mais que se passe-t-il si ces récits relèvent davantage du mythe que de la réalité ?
C’est précisément ce que l’étude de Newman (2024) cherche à vérifier. Loin de simplement douter des statistiques de longévité dans ces régions, l’auteur avance une thèse plus tranchée : les records d’âge extrême pourraient être dus, non pas à un mode de vie exceptionnel, mais à des erreurs administratives ou à de la fraude, notamment dans le cadre de systèmes de retraite. Ce travail s’appuie sur des données issues de plusieurs pays (États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et remet en cause l’interprétation de nombreux cas de longévité extrême.
Objectifs de l’étude
L’objectif de cette analyse était de déterminer si les enregistrements de longévité extrême sont fiables, en croisant les bases de données de supercentenaires avec des indicateurs socio-économiques et des mesures de qualité des systèmes d’état civil. En clair, Newman cherche à savoir si des facteurs comme la pauvreté, le manque de registres officiels ou la faiblesse des systèmes administratifs sont associés à une prévalence plus élevée de centenaires, semi-supercentenaires (105+) ou supercentenaires (110+).
Méthodologie
L’auteur a utilisé les bases de données de référence sur les âges extrêmes (GRG, IDL) et les a croisées avec des données démographiques nationales, des indicateurs socio-économiques (revenu, emploi, espérance de vie à 55 ans, pauvreté) et des marqueurs de qualité de l’état civil. Le travail a porté sur cinq pays disposant de données robustes : États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni. Les corrélations ont été analysées à l’échelle régionale et départementale, afin de voir si certains contextes (faibles revenus, mauvaise santé moyenne, criminalité, faible espérance de vie) étaient paradoxalement associés à une surreprésentation de personnes âgées de plus de 105 ou 110 ans.

Réponses