Introduction
Dans le monde de l’entraînement sportif, la planification à long terme est souvent présentée comme une clé du progrès durable. Mais derrière les termes savants et les schémas complexes, que reste-t-il réellement de la « périodisation » ? Est-elle un pilier fondamental de la progression, ou une construction théorique surévaluée ? Deux articles récents, l’un signé par Steele et al. (2023), l’autre par Stone et al. (2024), s’opposent radicalement sur la question. L’un parle de mythe, l’autre de théorie solide.
Cet article revient sur le cœur du débat et explore les implications pratiques de cette controverse pour ceux qui s’entraînent dans un objectif de force ou d’hypertrophie. Au-delà des querelles académiques, que faut-il vraiment retenir ?
Objectifs et approche des deux articles
Objectif de Steele et al. (2023)
Les auteurs critiquent la validité scientifique du concept de périodisation. Pour eux, la multiplicité des définitions (87 identifiées dans la littérature), la faiblesse des preuves empiriques et l’absence de falsifiabilité font de la périodisation un mythe plus qu’une théorie. Leur raisonnement repose sur les critères de Karl Popper : une théorie scientifique doit être testable, falsifiable, et générer des prédictions précises. Or, selon eux, 88 % des études dites sur la « périodisation » durent entre 4 et 18 semaines, alors que 75 % des définitions mentionnent une planification long terme (macrocycle).
Steele souligne aussi que la majorité des études comparent des protocoles avec variation à des protocoles sans aucune variation, ce qui ne permet pas de tester l’effet propre de la périodisation planifiée versus variation aléatoire.
Objectif de Stone et al. (2024)
Stone et ses collègues répondent point par point à ces critiques. Ils défendent l’idée que la périodisation, même si elle a évolué à partir de modèles empiriques, est devenue une approche systématisée et théoriquement robuste. Selon eux, le concept s’est développé au fil du temps à travers des itérations empiriques fondées sur les performances athlétiques, et a résisté à de nombreuses tentatives de falsification.
Stone insiste aussi sur le fait que les critiques ignorent les travaux sur la « phase potentiation » : la succession logique de phases (endurance → hypertrophie → force → puissance) maximiserait les adaptations spécifiques.
Réponses