Adaptation métabolique Vs compensation énergétique : Pourquoi votre entraînement ne brûle pas autant de calories que prévu ?

Table des matières

Introduction

Dans le domaine de la nutrition, les concepts d’adaptation métabolique et de compensation énergétique liée à l’exercice sont souvent évoqués. Pourtant, ils restent mal compris, y compris parmi les sportifs expérimentés. Ces deux phénomènes jouent un rôle crucial dans la manière dont le corps réagit à la perte de poids, à l’activité physique et aux variations caloriques. Si vous avez déjà entrepris une démarche de perte ou de prise de poids, ou simplement cherché à maintenir votre poids actuel, ces mécanismes ont probablement influencé vos résultats, souvent à votre insu.

Pour faire simple, l’adaptation métabolique se produit lorsque le métabolisme ralentit au-delà de ce que l’on attendrait en fonction de la perte de poids. Ce mécanisme, souvent associé à une diminution des niveaux de leptine, une hormone clé dans la régulation de l’énergie, vise à préserver les réserves d’énergie dans des conditions perçues comme de famine. En d’autres termes, votre corps brûle moins de calories pour économiser de l’énergie.

Quant à la compensation énergétique liée à l’exercice, elle se manifeste lorsque l’augmentation de la dépense énergétique totale induite par l’exercice est partiellement compensée par des réductions dans d’autres aspects de la dépense énergétique. Par exemple, si une séance de sport brûle 400 kcal, la dépense énergétique totale peut n’augmenter que de 300 kcal, le corps trouvant des moyens de limiter les dépenses ailleurs.

L’étude de Flanagan et al. (2024), publiée dans iScience, s’intéresse précisément à ces mécanismes. Leur travail cherche à déterminer si ces deux phénomènes sont liés et comment ils influencent les résultats d’un programme d’entraînement. L’objectif de cet article est de rendre accessible cette étude complexe, en expliquant ses résultats, ses implications et les critiques soulevées. Pourquoi cette étude est-elle importante pour vous ? Parce qu’elle remet en question des idées reçues sur la gestion du poids et offre des clés pour optimiser vos efforts en salle ou dans votre cuisine.

Méthodologie de l’étude

Comment l’étude a-t-elle été menée ?

L’étude de Flanagan et al. (2024) repose sur une analyse secondaire des données issues de l’essai E-MECHANIC, une étude rigoureuse qui s’est penchée sur les effets de l’exercice physique sur la dépense énergétique totale. L’objectif principal de cette nouvelle analyse était d’identifier et de caractériser les individus présentant une compensation énergétique liée à l’exercice, d’examiner si cette compensation était associée à l’adaptation métabolique, et d’évaluer si ces deux phénomènes influençaient les résultats cardiométaboliques.

Comment l’étude a-t-elle été menée ?

L’essai E-MECHANIC initial a réparti 42 participants en trois groupes distincts. Le premier groupe devait maintenir ses habitudes physiques habituelles (groupe contrôle). Les deux autres groupes suivaient des prescriptions d’exercice supervisé visant à brûler 8 kcal/kg/semaine pour le groupe à faible dose et 20 kcal/kg/semaine pour le groupe à forte dose. Ces exercices étaient réalisés sur tapis roulant ou vélo stationnaire, avec une intensité ajustée pour atteindre les objectifs caloriques. Cette intervention a duré 24 semaines, soit environ six mois, un laps de temps suffisamment long pour observer des changements significatifs dans les dépenses énergétiques et les marqueurs métaboliques.

Pour cette analyse secondaire, Flanagan et ses collègues ont sélectionné 29 participants des groupes à faible et haute dose d’exercice. Ces derniers ont été classés en deux catégories : les compensateurs, dont la dépense énergétique totale était inférieure de 5 % ou plus aux attentes basées sur les prédictions, et les non-compensateurs, qui ne présentaient pas cette réduction.

Outils et mesures

Une approche scientifique rigoureuse a été utilisée pour mesurer la dépense énergétique totale et d’autres paramètres. Parmi les outils utilisés, on trouve :

  • Méthode de l’eau doublement marquée : Cette technique de pointe permet de mesurer avec précision la dépense énergétique totale sur une période prolongée.
  • Chambres métaboliques : Ces environnements contrôlés ont permis de capturer des données précises sur la dépense énergétique au repos, pendant le sommeil et sur 24 heures.
  • Accéléromètres : Les participants portaient ces dispositifs pour suivre leur activité physique quotidienne et évaluer les niveaux de mouvement en dehors de l’exercice structuré.
  • Biomarqueurs cardiométaboliques : Les chercheurs ont également analysé des échantillons biologiques pour étudier des indicateurs tels que les niveaux de leptine, les hormones thyroïdiennes, et d’autres paramètres métaboliques.

Critères d’évaluation

Les principaux critères d’évaluation comprenaient :

  • La variation de la dépense énergétique totale en réponse à l’exercice.
  • Les changements dans le métabolisme basal et au repos.
  • Les modifications dans la composition corporelle, telles que la perte de masse grasse et les variations de la masse maigre.
  • Les corrélations entre compensation énergétique et biomarqueurs hormonaux.

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